Saison 2015 – course n°2 : Marathon de Tours

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Le marathon de Tours 2015 – en métronome

 

A Paris, en 2013, je découvrais la distance et l’objectif majeur était surtout de finir la course. Il y a six mois à Barcelone, je me suis présenté sans entraînement sérieux sur la ligne de départ et comme lors de ma première expérience l’objectif était avant tout de finir, certes dans un contexte différent.
Cette fois-ci, fort de l’expérience de ces deux premiers marathons et d’une préparation pleine en dix semaines, je visais officiellement un chrono sous la barre symbolique des 3 heures sur cette deuxième édition du Marathon Touraine Loire Valley. David était également de l’aventure et m’a accompagné depuis le début de la préparation.

Veille de course

Tours étant situé à deux heures de route de Nantes, nous avons préféré nous y rendre samedi pour bénéficier de plus de sommeil, moins de stress le jour J et pleinement nous immiscer dans l’atmosphère marathon dès la veille de course (retrait des dossards dans le hall marathon aménagé dans le centre commercial de La Riche, repérage de la zone départ du marathon, pasta-party).

Ensuite, à l’hôtel, devant le match de rugby France-Italie, s’en sont suivis les traditionnels ultimes préparatifs.

 

Tours 1Lors du retrait des dossards

L’avant-course

  • 6h45 : Le réveil retentit. On ne traîne pas. On a un Gatosport à prendre rapidement. Pour l’accompagner, ma boisson favorite : le thé vert évidemment.En théorie, le gâteau énergétique peut être ingurgité jusqu’à une heure avant le départ. Nous préférons nous y prendre deux heures avant afin de nous laisser une petite marge de sécurité.
  • 8h : L’heure de la boisson d’attente. 50 cl à boire. Je ne traîne pas non plus en la buvant en un quart d’heure alors que théoriquement elle se prend en très petites gorgées jusqu’au départ.
  • 8h30 : Nous quittons l’Ibis Budget. Sur les courses plus populaires (comme à Marseille-Cassis ou au marathon de Paris), il aurait été inconcevable de le quitter si tard. Là, on pouvait se le permettre étant à 1,5 km de la zone de départ. Par ailleurs, on savait qu’on n’aurait aucune difficulté à bien nous placer au départ avec nos SAS affecté (sas national pour David, sas 3h pour moi).
  • 8h35 : Une petite photo pour immortaliser l’avant-course avant de déposer nos affaires dans la voiture stationnée à quelques encablures de l’hôtel et direction la zone départ en footing lent. Avec le petit stress de la course, les sensations sont au top du top, telles qu’elles n’ont pas été depuis bien longtemps. La météo ne peut être plus parfaite (pas de vent, grand soleil, 11°C). Vivement le départ.
  • 8h45 : Présents sur la ligne de départ (et d’arrivée) de ce deuxième marathon de Tours. Synchronisation parfaite avec les prévisions. On se contente de trottiner cinq minutes supplémentaires et direction nos SAS pour nous y placer au mieux.
  • 9h : Let’s go ! Alea jacta est !

Tours 2

La tenue de combat avec la ceinture à munitions

 

Trouver l’allure ?

Comme je l’avais évoqué lors de mon précédent article, cela était la principale interrogation. L’objectif de base du plan d’entraînement était de faire moins de 3h, soit 14 km/h. Cependant, avec David, on a vite vu qu’on avait les capacités pour faire beaucoup mieux malgré notre reprise sérieuse assez récente. Ainsi, on a réalisé toutes nos séances à allure spécifique marathon en format cible 14,5-15,5 km/h. 90% du temps, nous étions au-delà des 15 km/h.

Pour moi, il était pourtant inconcevable de partir en 15 km/h. Deux séances m’ont vraiment fait réfléchir : les deux sorties de 2h15. Lors de ces entraînements, la particularité était que nos allures spécifiques débutaient seulement après 1h30 de footing en 13 km/h. Idéal pour se tester. Résultat : en bilan de séance, mon tableur Excel d’entraînement affichait en commentaire : « sensations de jambes lourdes sur les séries à allure marathon » (qui ont à chaque fois été faites en 15 km/h). Inquiétant quand on sait qu’on doit tenir la cadence pendant près de 3 heures.

C’est ainsi que j’ai jugé plus prudent de partir sur des bases plus faibles autour de 14,5-14,7 km/h.


 

0-5ème km : 14,8 km/h

Le départ est donné au Sud de la Loire depuis la place Anatole-France. David s’élance quelques mètres devant moi sur la droite de la chaussée. Moi je me situe vers la cinquantième position. Après un petit rond-point, la course est lancée. Tout le monde essaie de bien se placer en groupe d’entrée de jeu. Ça tombe bien, le parcours s’y prête. Je note une petite pointe en 18,8 km/h à ma Garmin.

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Après quelques hectomètres de course, me voici à hauteur de la vingtième position, quelques mètres à peine derrière David vêtu de son débardeur gris foncé (photo de l’organisation du marathon de Tours)

Je me cale ensuite rapidement dans l’allure que je m’étais fixée : 14,5 km/h. Hors de question de trop s’emballer – pas cette fois.
David est alors quelques mètres devant en tête du troisième groupe.

A noter que pour ce marathon, j’ai paramétré ma Garmin en séance type 9x5km sans récup pour le marathon afin d’avoir l’évolution de mes allures par bloc de 5 km en lecture directe.

Après 800 mètres de ligne droite, direction le Sud de Tours pour passer de l’autre côté du Cher. Toujours beaucoup de monde autour du parcours à encourager les coureurs. Cela ne durera pas longtemps, quittant la ville de façon imminente pour filer vers Villandry.
Je cours au sein d’un petit groupe de 4-5 coureurs. Une fois l’excitation des premiers mètres passée et la course en groupe lancée, j’en profite pour glisser quelques mots à un de mes camarades de groupe pour savoir ce qu’il visait. « Moins de trois heures. 2h55 si les jambes suivent. » Ok je suis bien placé.

Passage au 5ème kilomètre en 20’14 à ma montre, soit sur les bases de 14,8 km/h.
Tout au long du marathon, j’observais un léger décalage entre les bornes kilométriques du marathon et les kilomètres mentionnés par ma montre. Rien de bien méchant (300 mètres d’écart à l’arrivée) mais un peu perturbant quand au 42ème kilomètre on se dit qu’il reste 500 mètres.

Ravitaillement du 5ème kilomètre en vue. Prise du premier gel antioxydant 200 mètres avant de prendre une bouteille d’eau à la volée et boire quelques gorgées. Objectif : viser juste pour ensuite lancer celle-ci dans les grands bacs disposés à cet effet. Validé. 3 points.

Tours 3

Passage sur le point Saint Sauveur peu avant le 5ème kilomètre, toujours armé de mes huit gels prêts à être dégainés

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5-15ème km : 14,4 km/h

La course en groupe s’est poursuivie. Rien de particulier à signaler.

Je passe au 10ème kilomètre en 41’02 à ma montre.Point de ravitaillement numéro 2. Ouverture du gel Energix quelques mètres avant et petite bouteille d’eau attrapée. Re 3 points lors du lancé de bouteille à la sortie de la zone ravitaillement. Inspiré par le France-Espagne de basket de l’avant-veille le CH !

Le parcours emprunte plusieurs petits sentiers pédestres ombragés. Très roulant. Les petites « difficultés » s’enchaînent sans souci. Peu de monde sur cette portion en campagne le long du Cher.

J’essayais de regarder devant de temps en temps lorsque la route le permettait afin éventuellement d’identifier la silhouette de David. Impossible. Il devait être rendu loin déjà.Le 15ème kilomètre était déjà là (passage en 1h02′ à ma montre). Plus d’un tiers du marathon effectué.

Un nouveau gel Energix, une nouvelle bouteille d’eau, un nouveau lancé de bouteille réus… non échec au lancé de bouteille cette fois-ci ! L’aventure se poursuit et bientôt arrive Villandry.

 

15ème km – 1/2 marathon : 14,6 km/h

 

Alors que cela faisait plusieurs kilomètres que j’étais sans cesse en tête de mon petit groupe, j’ai décidé d’accélérer légèrement pour me détacher. Je voulais surtout éviter que ce rythme endorme mes jambes. Cela a été le début d’une longue course en solitaire jusqu’à l’arrivée.Vers le 17ème kilomètre, en contrebas de la route, on voyait la tête de course. Je me faisais mes petits calculs. Déjà 5 kilomètres d’écart entre eux et moi.

Ravitaillement numéro 4. Un antioxydant avant une bouteille d’eau. 3 points au lancé de bouteille. Avec 4 gels pris, ma ceinture porte-gel s’est allégée de moitié depuis le départ.

Au 20ème kilomètre, le moment fort de la course avec le passage dans les jardins du château de Villandry qui marque le début de notre retour vers Tours. Je suis toujours régulier à 14,6 km/h. Les sensations sont toujours au top, même si l’appréhension de la fin de course commence à grandir.Je passe au semi-marathon en 1h27’10, soit 6 minutes après David.

A mi parcoursA mi-parcours dans les jardins du château de Villandry

20-30 km : 14,9 km/h

La mi-course atteinte, le marathon commence maintenant. Les sensations étant toujours impeccables, je prends le pari d’élever mon allure. Les jambes répondent bien. Le souffle aussi.

Au 25me puis au 30ème, un gel Energix au menu. Je suis en réussite sur mes lancers de bouteille.

Passage au 30ème kilomètre en 2h03’26. Toujours pas de David en vu, pourtant l’écart avait alors fondu. Seules trois minutes nous séparaient.

30-35 km : 14,6 km/h

A la sortie de Saint Etienne de Chigny, il reste encore 12 kilomètres quasiment en ligne droite jusqu’à Tours. Les écarts sont grands. Mon allure sur ce bloc tend autour de 14,5 km/h.

A noter un gros virage en épingle vers le 32ème kilomètre qui, en dépit de nous casser notre cadence, nous permet de mieux apprécier les écarts avec nos poursuivants et les coureurs qui nous devancent. Devant moi, toujours pas de David. Derrière, je retrouve tous les coureurs que j’avais dépassés petit à petit.

Je commence à en apercevoir qui craquent fortement. Les premières victimes du mur.
Au 33ème kilomètre, surprise : je reconnais la silhouette de David. Débardeur gris foncé, chaussures oranges. Ce ne peut être que lui. Je rattrape mon camarade en grande souffrance. Malheureusement, il s’est pris le mur très tôt et le dernier tiers du marathon a été un calvaire pour lui.

Je conclus ce bloc de 5 kilomètres en 14,6 km/h de moyenne. Parfait. Le scénario idéal jusque-là.
L’heure de l’avant-dernier ravito arrive. Je dégaine mon gel coup de fouet. Plus que 7,2 km.

La fin de la course en 14,1 km/h

Ces cinq kilomètres étaient sur une longue ligne droite menant à La Riche (banlieue Ouest de Tours). De moins en moins facile, je sentais le mur arriver inévitablement. Lever le pied en 14 km/h s’imposait.
Malgré cela, je revenais encore sur plusieurs coureurs.
Ultime ravitaillement. Ultime gel sorti – le red tonic – au passage infecte.
Au 40ème kilomètre, je savais que mon objectif de descendre sous les 3h serait brillamment accompli. Je le passe en 2h44′. Je fais mes petits calculs en tête et je sais qu’avec ce temps de passage-là, même une décadence comme celle subie à Paris deux ans plus tôt m’assurerait un chrono final de 2h58′.
Finalement, je poursuis sur ma lancée. Je me fixe en tête l’objectif d’atteindre le 42ème kilomètre à cette allure avant d' »essayer de sprinter ».
42ème kilomètre. Toujours pas de mur pris. Ouf, j’aurais tenu jusqu’au bout cette fois-ci.
J’accélère les 200 derniers mètres. Pointe en 17,5 km/h.

Ça y est, je peux franchir la ligne d’arrivée de mon troisième marathon. 2h54’45. Énorme satisfaction.
La médaille de finisher fraîchement remise, direction les tentes de ravitaillement où j’échange plusieurs mots avec d’autres finishers. David me rejoint quelques instants plus tard. En 3h02′, il a bien limité la casse pour quelqu’un qui s’est pris le mur si tôt.

Tours 6

La dernière ligne droite

Le classement final

1) KORIR KIPKOECH Evans – 02:12:50
2) CHESAKIT Alex – 02:13:06
3) LIMO KIPLAGAT Kenneth – 02:13:28
[…]
40) DU BOISLOUVEAU Charles-Henry – 02:54:45
[…]
78) PROUVOST David – 03:02:50

Bilan

Je conclus en beauté ces trois mois de préparation. Très content d’avoir pu courir la distance mythique en 14,5 km/h de moyenne et d’être descendu sous la barrière mythique des trois heures. Par ailleurs, j’ai été très régulier de bout en bout avec deux semi-marathons effectués en un peu plus d’1h27′. C’est très encourageant pour la suite.

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Après Paris en 2013 et Barcelone en mars dernier, me voici finisher de mon 3ème marathon

Et maintenant ?

D’ici quelques jours, je vais partir vivre dans un autre pays (le Luxembourg) pendant un an dans le cadre d’une nouvelle expérience professionnelle. De ce fait, il y a de fortes chances pour que mon prochain grand objectif soit le marathon nocturne de Luxembourg fin mai 2016.
Dans un coin de ma tête, je pense à également faire une grosse actualisation de mes vieux records sur semi-marathon et 10 km. D’ici là, j’espère que je serai en mesure de continuer à m’entraîner régulièrement.

1 Commentaire

  1. Chap

    Beau CR bien synthétique de ce marathon de Tours. Un Bob solide de bout en bout. Super chrono à l’arrivée !!!!

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