Saison 2013 – course n°1 : Marathon de Paris

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Le marathon de Paris 2013 : trois ans après le semi, retour dans la capitale pour s’attaquer à la distance mythique

 

« Si tu veux courir, cours un kilomètre. Si tu veux changer ta vie, cours un marathon », Emile Zátopek

 

Seule course française gratifiée par l’IAAF du label or des courses hors stade, le marathon de Paris célébrait cette année sa 37ème édition. En termes d’affluence, l’organisateur ASO a fait fort en élevant l’épreuve au deuxième grade des marathons au monde (38 690 arrivants) juste derrière New York. Avec David, nous nous sommes inscrits en octobre dernier afin de découvrir « les 42.195 km dans la plus belle ville du monde » (slogan de l’édition).

 

Préparation et objectif

 

Le 6 mai 2012, soit 11 mois auparavant. Il s’agissait de ma dernière course : un 1500 m comptant pour le premier tour des Interclubs réalisé dans un temps médiocre. Loin de mon record établi en 2011, il sanctionnait des semaines de faible motivation. Le vide athlétique total s’en est suivi longtemps confronté à un pépin physique au niveau de mon jambier droit et bien plus motivé par enchaîner les kilomètres à vélo dans l’optique du Danmark Rundt. Pour me rebooster, il me fallait un challenge personnel. Le marathon de Paris s’y prêtait à merveille.

D’un point de vue sportif, malgré mon jeune âge, j’ai déjà effectué 7 courses d’au moins 18 kilomètres par le passé ; et tous les kilomètres à vélo accumulés l’été dernier m’ont permis d’entretenir mon foncier durant ma coupure athlétique. Je sentais ainsi qu’avec une bonne préparation, le finir dans un temps correct serait dans mes cordes.

D’un point de vue extra-sportif, m’entraîner en club n’est plus possible pour moi en raison de mes contraintes professionnelles et scolaires, donc plus la peine de penser cross et piste cette saison. Mes disponibilités pour courir étant en grande majorité à partir de 21 heures en semaine, cela se prêtait bien plus à des séances en nature qu’à des séances sur piste (stade non éclairé à partir de 21h30).
Pour toutes ces raisons, 2013 était l’année idéale pour moi pour s’attaquer aux 42.195 km.

Je me suis donc remotivé à courir. Cela a payé : qu’importe le fait d’être seul, l’heure et le temps dehors, aucune séance du plan de Rémi n’a été annulée. J’ai tenu ce rythme de janvier à avril. Les entraînements s’enchaînaient et je sentais que j’étais revenu à mon niveau de 2011.

Mes séances spécifiques marathon se sont effectuées à l’allure 14.5 km/h, soit légèrement plus rapide que l’allure 3h. Cela était volontaire de ma part car, dans un petit coin de ma tête, je pensais au record départemental espoir en 2h57′. Toutes bouclées sans soucis, je me sentais donc en mesure de descendre sous les 3h, voire même mieux. Mais après lectures de beaucoup de témoignages sur Internet et redoutant tant le mur du 30ème, je préférais tabler sur une fourchette objectif assez large (de 2h55 à 3h15).

Quant à David, avec son record sur semi-marathon en 1h11, c’est fort logiquement qu’il prétendait achever la distance en moins de 2h40.

Arrivés la veille dans la capitale

 

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Dans Running Expo, quelques instants après avoir pris possession de nos dossards respectifs : préférentiel n°1222 pour David alias Slim Shady, rouge n°3054 pour moi.

 

Samedi vers 11h15, nous étions dans la capitale. Après quelques péripéties pour trouver notre logement chez Saïd le grand spécialiste du couscous parisien, nous avons pris la direction de la porte de Versailles pour le salon Running Expo – lieu de retrait des dossards.

S’en sont suivis une visite des stands mis à disposition, un tour du côté du Parc des Princes et de la boutique du PSG et enfin une petite escapade aux Champs Elysées avant de revenir au salon du running prendre notre repas dans le cadre de la « Rice Party ».

Puis, rentrés pas trop tard à l’hôtel, place aux ultimes préparatifs d’avant-course :
– 11 réveils programmés de 6h à 6h25 ;
– préparation de la ceinture porte-gel : tri des gels nécessaires (gel d’attente, gel antioxydant, gel énergie progressive, gel énergie rapide, gel anti coup de pompe) ;
– réglage de la zone d’effort 14->15km/h sur ma montre accéléromètre afin de respecter à la lettre mon allure spécifique ;
– et préparation de la tenue de course.

Au vu des conditions prévues le lendemain (environ 2°C au départ), j’opte pour tee-shirt technique, manchettes, gants, cuissard et manchons Booster.

Puis, petit moment de détente à préparer nos statuts Facebook publiés automatiquement sur nos profils réciproques le lendemain en fonction de notre course. En effet, pour cette édition, ASO en coopération avec Esprit Running a mis en place l’application Social Runner nous permettant de partager le déroulement de notre course en direct sur les réseaux sociaux (Facebook et/ou Twitter).

 

Ultimes préparatifs

 

6h (h-2,75) :

Le premier réveil retentit, puis le deuxième, puis le troisième, puis le quatrième, puis le cinquième, puis le sixième, puis le septième, puis le huitième, puis le neuvième, puis le dixième et le onzième à 6h25. Pas de douzième sonnerie prévue. Faut se lever. Ce matin, on a 46 km à faire (course + échauffement).

6h45 (h-2) :

Le moment de prendre mon cooky Power Punch accompagné de quelques barres de céréales pendant que David déguste son Bio-Cake. Le stress monte.

7h45 (h-1) :

Nos affaires sont prêtes et notre Bio-Déj’ nous attend.7h55 (m-55) :

Après avoir confié nos sacs en lieu sûr pour la matinée (la femme à Saïd), c’est l’heure de prendre la direction des Champs Elysées, et en footing. Ces 3,2 kilomètres nous séparant de la zone de départ sont une libération. Les sensations sont alors pour tous les deux très bonnes. A une allure oscillant autour des 12 km/h, on traverse la ville vêtus de nos sacs poubelles Jogging Magazine nous protégeant du froid. Difficile alors d’éviter les regards des badauds.

8h15 (m-30) :
Nous étions sur la zone de départ. Les sas étaient déjà bien remplis (hormis les premiers). J’ai opté pour aller directement prendre place dans mon sas rouge. Peu de monde encore dedans ; je suis ainsi parvenu à m’y faufiler en première ligne. Pendant ce temps, David faisait quelques accélérations en dehors des sas avant de gagner sa place en préférentiels quelques mètres devant moi.

 

L’attente dans le SAS rouge

 

Idéalement placé en première ligne du sas rouge (vers la 1000ème place), je discutais avec mes voisins pour passer le temps et relâcher la pression. Je n’ai pas mis longtemps avant de me rendre compte que j’avais affaire à des adeptes de la distance.
« C’est mon huitième marathon de Paris et toujours la même excitation avant le départ. »
« On part combien de temps après les élites généralement ? Grand max 1’30 » après comme ils espacent les départs entre sas. » […]
« Tu verras, Paris, c’est génial pour un premier marathon. Surtout ne t’enflammes pas au départ. Il est en faux-plat descendant sur un kilomètre. »
« Moi, je vise 2h50. »
« Je vais tenter de battre mes 2h57 de l’année dernière. »
Avec de tels voisins, je ne pouvais pas être mieux placé sur la ligne de départ. D’ailleurs, à l’arrivée, j’ai retrouvé celui qui visait 2h50. Il est parvenu à finir en 2h51.

8h30 :
L’heure du départ de la course handisport. Aussi, l’instant de la prise du gel d’attente accompagné de quelques gorgées d’eau. Quelques mètres devant, j’aperçois David rejoignant à son tour son sas préférentiels.

Les conditions météos :
Environ 2°C ; pas de vent ; ciel bleu. Pour courir un marathon, on ne peut rêver mieux. J’ai de la chance : après Marseille-Cassis 2011, j’aurai pris part aux deux plus belles courses sur route de France sous des conditions idéales.

8h45 :
J’ôtais mon sac poubelle Jogging Magazine. L’instant t approchait. Alors que les élites et préférentiels venaient de s’élancer, les barrières du sas rouge s’ouvraient. Bousculades. Tout le monde luttait pour garder sa place, à l’instar des moments précédant le départ de Marseille-Cassis. Contraint à céder ma place, je me suis élancé depuis la deuxième vague de coureurs sur la moitié gauche de la plus belle avenue du monde. L’aventure pouvait enfin commencer.

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Le départ de la 37ème édition du marathon de Paris sur les Champs Elysées (source photo : Maindru).

 

Les 10 premiers kilomètres en 41’19

 

La largeur des Champs permettait de ne pas être gêné malgré le nombre de coureurs. Poussé par la foule, l’excitation d’en découdre et surtout le faux-plat descendant, beaucoup dévalaient l’avenue sur des allures inférieures à 3’40 au kilomètre. J’entendais plusieurs fois ma montre biper m’informant que j’étais au-delà des 15 km/h. J’essayais au plus vite de réadapter ma foulée à mon allure spécifique. Hors de question de prendre trop de vitesse. Jouant ainsi très tôt la carte de la prudence, je suis passé au km 1 en 4’07. Une fois la place de la Concorde atteinte, il restait encore 41 km. L’échauffement ne faisait que commencer.

Puis, arrivait la rue de Rivoli longeant le musée du Louvre et la mairie de Paris. Les premiers kilomètres passaient très vite ; la place de la Bastille se profilait déjà. Comme pour le semi-marathon, ce lieu symbolique était noir de monde. Le 5ème kilomètre était atteint en 20’33.

Le bois de Vincennes était ensuite en ligne de mire. Au terme d’un deuxième 5 km en 20’47, j’ai atteint le 10ème kilomètre en 41’19, soit sur les bases de 2h54.

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Passage devant la mairie de Paris un peu avant le 4ème kilomètre (source photo : Maindru).

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La place de la Bastille au 5ème kilomètre (source photo : Maindru).

 

Du 10ème au 20ème kilomètre : 41’39

 

Après le Château de Vincennes, nous entamions les dix autres kilomètres. J’ai alors croisé le meneur d’allure 3h : un peu étonnant de le voir si tôt étant alors sur des bases de 2h55 (2h57 au temps réel). Je lui ai d’ailleurs glissé un petit : « On est sur les bases de 3h là ? » ; auquel il m’a répondu par un : « Oui mais par contre je dois faire 3h au temps officiel et non au temps réel. Il y a un autre meneur d’allure pour faire 3h au temps réel derrière. »

J’ai jeté à nouveau un coup d’œil sur ma montre : 14.8 km/h. Quelques instants plus tard, il s’est arrêté faire un besoin naturel et devait aussi sans doute avoir pris conscience de son avance sur l’objectif fixé par ASO.J’ai rencontré ensuite un jeune coureur. Surpris d’apercevoir quelqu’un visiblement de moins de 25 ans, je lui ai demandé ce qu’il visait et s’il était espoir comme moi histoire de savoir si on pouvait faire course commune. Originaire du Mans, il est jeune senior et vise 3h. L’année dernière, il découvrait la distance. Il avait alors fait 3h30.

Jusqu’au semi-marathon on a couru côte à côte, sur un rythme ultra régulier. Il m’a confié courir en non licencié, avoir une VMA de 18 km/h mais ne faire que du long. Il se sentait en condition pour descendre sous les 3h. Malgré mon manque de séances de renforcement de ma VMA, je sentais quand même le différentiel avec lui. Il paraissait essoufflé en me parlant. Son « T’as l’air vachement bien toi là » m’a rassuré.A nos côtés, il y avait une coureuse Chilienne (je l’ai su à l’arrivée ; je la pensais Espagnole pendant la course). Visiblement grande coureuse sur route dans son pays au vu des sponsors qu’elle arborait sur sa tenue (et des articles trouvés sur elle par la suite sur Internet). J’ai couru avec elle du 500ème mètre au 34ème kilomètre. Mais alors si mon camarade paraissait essoufflé, la Chilienne avait l’air d’être à l’agonie. Elle m’a demandé en espagnol de lui ouvrir la bouteille d’eau qu’elle avait prise au ravitaillement du 20ème km, plus assez lucide pour tourner le bouchon.

Ainsi ces 10 kilomètres ont été effectués en 41’39. J’étais donc toujours sur les bases de 2h55 à l’arrivée.

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Aux environs du château de Vincennes alors qu’11 kilomètres ont été parcourus (source photo : Maindru).

 

Du 20ème au 30ème kilomètre : 41’41

 

Epaulé par la Chilienne et le jeune Manceau, nous sommes passés au semi-marathon en 1h27′.
J’ai ensuite tenté un coup de poker. Je me sentais en forme. La moitié de la distance avait été effectuée et j’avais l’impression d’avoir simplement fait un échauffement. J’ai donc pris le pari d’augmenter légèrement mon allure. La Chilienne a fait le même pari que moi (alors que je la pensais carbonisée). Par contre, ce n’était pas le cas du coureur avec qui j’avais partagé les 10 précédents kilomètres. Au contraire, il m’avait dit : « Après le semi, je lève un peu le pied ». Je jouais alors clairement la carte du moins de 2h55. Très risqué, a fortiori pour un premier marathon, mais il fallait tenter. Ainsi, les 5 kilomètres séparant le 20ème du 25ème ont été les plus rapides de ma course (20’25). Malheureusement, par la suite, il s’est avéré que la prudence du Manceau (sûrement due à son expérience de la distance, l’ayant déjà parcourue) l’a emporté sur ma fougue de néo-marathonien : lui finira en 2h59′.Passage au 25ème kilomètre en 1h43 devant la Cathédrale Notre-Dame-de-Paris. J’étais revenu sur les bases de 2h54′ conscient de réaliser le jackpot parfait mais redoutant ce mur. Trop beau pour se réaliser malheureusement. Ensuite, du musée d’Orsay à la Tour Eiffel, je commençais à puiser petit à petit dans mes réserves. La course se durcissait avec plusieurs faux-plats montants, et les premiers tunnels. Ainsi, j’ai atteint le 30ème kilomètre en 2h04′. J’avais légèrement rétrogradé mais j’étais toujours sur les bases de 2h55′.

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Le passage sous la Tour Eiffel au kilomètre 29 marque souvent le début des prémices du mur du 30ème kilomètre (km 29) (source photo : Esprit Running).

 

L’approche du mur

 

Au 30ème kilomètre, j’enlève mon bandeau et mes manchettes. Il commençait vraiment à faire chaud en plein soleil avec deux heures de course dans les jambes.

Le plus dur restait à faire : ces derniers 12,195 km qui font la beauté du marathon et rendent la distance si particulière. La troisième heure de course sur marathon est un enfer musculairement avec les plus de 40 000 foulées effectuées préalablement.Néanmoins, je ne sentais toujours pas le mur arriver comme en témoigne mon 31ème kilomètre effectué en 14.53 km/h. Autour de moi, par contre, beaucoup le rencontraient. Malheureusement moi de même trois kilomètres plus tard. A l’entame du 34ème kilomètre, j’étais pourtant toujours sur des bases de 2h55′ et il en restait encore huit avant de rallier l’avenue Foch. 80% de la course avait été parcouru.

 

Le mur au kilomètre 34

 

4 kilomètres de résistance

 

Roland Garros (kilomètre 34-35) aura été le lieu de ma rencontre du fameux mur. Tenir les 14 km/h devenait de plus en plus dur. J’ai effectué le 34ème kilomètre en 13.3 km/h : les prémices du stade où les réserves de glycogène sont au plus bas. Le bois de Boulogne se profilait ensuite. Une horreur. Vide de spectateurs. Je n’ai plus revu un seul instant les plus de 13 km/h de vitesse instantanée. J’ai même préféré totalement m’arrêter au ravitaillement du 35ème pour faire le plein de solide.Ma montre ne faisait que de biper n’étant plus au-dessus des 14 km/h : 12.4 km/h de moyenne entre le 34ème et le 38ème kilomètre.

Dans ces conditions, je ne rêvais plus des moins de 3h ; juste de rallier l’arrivée en tentant tant bien que mal de limiter les dégâts. J’ai conclu le 38ème kilomètre en 2h41’28 », soit malgré tout sur les bases de 2h58 à l’arrivée mais il demeurait encore 4 kilomètres à parcourir : 9% du marathon.

 

4.195 kilomètres en péril

 

Si je suis parvenu à limiter dégâts jusqu’au 38ème kilomètre en maintenant 12,5 km/h de moyenne, mon allure a par la suite continué de dégringoler.
Je commençais à multiplier les courts arrêts car je sentais mes cuisses dire « stop ». Ainsi, j’ai effectué les 39ème et 40ème kilomètres en 11,20 km/h de moyenne. Je n’étais pas le seul dans ce cas-là. Pendant que certains abandonnaient, quelques-uns vomissaient, d’autres criaient seuls pour se motiver. Il demeurait alors vraiment une ambiance particulière dans le bois de Boulogne.Au 40ème kilomètre, je passe en 2h52, soit sur les bases de 3h à l’arrivée.

Le niveau de souffrance grimpait ensuite d’un échelon pour le final. Au 41ème kilomètre, gros pépin physique. Une crampe se déclenche à l’ischio-jambier gauche. Première fois que je suis victime d’une crampe, à seulement un kilomètre de l’arrivée d’un marathon. J’ai eu la chance de tomber sur un spectateur connaisseur qui était à ce moment-là au bord de la route. Il me l’a étirée après m’avoir allongé au sol. Sans lui, j’aurais fini à quatre-pattes en 4 heures. De toute façon, je n’aurais pas eu le choix : c’était le chemin pour rentrer à l’hôtel de Saïd.

Je suis ensuite reparti pour le dernier kilomètre. Ultra prudent ne voulant surtout pas me retrouver à nouveau pris de crampes à quelques mètres de la ligne, je me suis basé sur l’allure 8.5 km/h. Jamais j’aurais cru un jour courir à des allures si basses en fin de course. Tout se jouait dans la tête pour repousser mes limites jusqu’à la ligne d’arrivée.

Ce dernier kilomètre était un enfer. J’ai mis exactement 13’52 à faire les 2,195 km (8,7 km/h de moyenne) pour finir en 3h06’03.

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Dans la souffrance, l’ultime ligne droite avenue Foch (source photo : Maindru).

 

L’après-course dans la zone d’arrivée

 

Quelques instants après avoir franchi la ligne, j’ai été pris de trois crampes : une à chaque quadriceps et une à l’ischio-jambier gauche (la même que celle du 41ème km).
Mes jambes donc à moitié paralysées, j’ai préféré me rendre dans les tentes des kinés à l’arrivée de la course. Première fois que ça m’arrive. Après quelques étirements et massages pendant une bonne vingtaine de minutes, je pouvais à nouveau marcher (ou presque).
J’ai ensuite été prendre possession de ma médaille et mon tee-shirt finisher avant de m’attaquer à une autre course : retrouver David et rallier l’hôtel de Saïd au plus vite étant congelé par le froid.

 

Bilan de ce premier marathon

 

On s’en pose des questions à l’arrivée d’un marathon ; bien plus encore qu’au terme d’un 10 km ou d’un semi-marathon. Alors que sur ces courses-là, la décadence des derniers kilomètres est à mettre à l’actif d’une course en surrégime, il est délicat de résumer cela pour moi sur le final du marathon. Le premier semi-marathon était un échauffement pour moi. J’ai vraiment commencé la course au 21,1ème kilomètre, comme en témoigne mes cinq kilomètres les plus rapides effectués du 20ème au 25ème kilomètre. Au 30ème kilomètre, j’étais encore bien, même au 34ème. Je prenais bien tous gels toutes les 45′ en prenant soin de les ouvrir à quelques mètres d’un poste de ravitaillement. Je n’ai sauté aucun ravitaillement en pensant toujours à bien m’hydrater depuis celui du 5ème kilomètre (ce qui est pourtant loin d’être mon cas sur les autres distances). La chute est arrivée vraiment sans aucune explication, comme pour tous les coureurs qui se prennent le mur j’ai l’impression.

Mais, il y a moyen d’éviter ce mur ou du moins amortir son choc. En étudiant de près le classement, je me suis même rendu compte par la suite que j’avais couru aux côtés de plusieurs coureurs étant parvenu à boucler la distance autour des 3 heures à l’arrivée sans qu’ils me paraissent « faciles ». Cela était le cas du Manceau et de la fameuse coureuse chilienne (22ème féminine au scratch) avec qui j’ai fait un long bout de chemin.
Pourquoi ai-je craqué par la suite et pas eux ?

Pourquoi mes cuisses ont-elles lâché ? Pourquoi juste les ischios et quadris alors que mon système cardio-respiratoire était au top tout au long de la course et que mes mollets et mes jambiers ont résisté à l’accumulation des kilomètres (je redoutais bien plus la réaction de ces derniers au départ) ?

La solution pour le futur ?

Etre plus régulier aux entraînements plus tôt ?
Une VMA à améliorer ? Cela va de pair avec mes records sur 10 km et semi-marathon, sans doute encore trop juste pour mon jeune âge pour passer sous les 3h.
Passer à cinq séances hebdomadaires pour accroître mon volume d’entraînement ?
Passer aux cuissards compressant de type Booster ?
Les séances en salle de musculation : avec gros travail de développement des fibres lentes à la presse oblique et au leg curl ?
Innover en poussant ma plus grande sortie longue du cycle préparation spécifique à 2h45 (soit à peu près 38 km) ? C’était la première fois que mon organisme parcourait autant de kilomètres (course et entraînements confondus). Ma plus longue sortie était auparavant de 33 km, soit un kilomètre de moins que ma rencontre avec le mur…

Au final, content de mon temps à l’arrivée ? Oui et non.
Oui, car je découvrais la distance. Oui, car je sortais de 9 mois de coupure total de course à pied. Oui, car cette course a réussi à me remotiver à courir, et ce n’était pas gagné d’avance.
Mais, mon véritable objectif n’était pas de finir en 3h06′, ni même de simplement finir. Je ne voulais pas voir de « 3h » sur ma montre. Donc non, je ne peux pas dire que ce marathon soit réussi à 100%. J’y ai longtemps cru. Au 34ème kilomètre, j’étais sur les bases de 2h55 ; et au 40ème, sur les bases de 3h. Cette barre symbolique, je l’ai vraiment effleurée.
Maintenant que je connais la distance, les moins de 3h seront mon grand objectif des saisons à venir.

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La médaille de finisher de cette édition 2013 du marathon de Paris.

 

Classement général

 

1. Peter SOME – 02:05:36 (temps réel) ; 02:05:38 (temps officiel)
2. Tadese TOLA – 02:06:33 (temps réel) ; 02:06:33 (temps officiel)
3. Eric NDIEMA – 02:06:33 (temps réel) ; 02:06:34 (temps officiel)
[…]
1362. David PROUVOST – 03:04:43 (temps réel) ; 03:04:56 (temps officiel)
[…]
1570. Charles-Henry DU BOISLOUVEAU – 03:06:03 (temps réel) ; 03:07:47 (temps officiel)

 

Retour sur Nantes quelques heures plus tard

 

Un peu par hasard, j’ai retrouvé David à proximité de la station de métro des Champs Elysées. Très déçu de son temps à l’arrivée (3h04), il m’a alors même confié avoir rencontré le mur avant le 25ème kilomètre. Une course à oublier pour lui, qui a le potentiel pour un jour descendre sous les 2h40.

Il était près de 12h40. Nous avions franchi la ligne depuis 50′ et nous étions toujours dans la même tenue. Notre température corporelle s’était refroidie. Le mental n’avait pas fini d’être sollicité. Rejoindre notre hébergement était un calvaire : boitant dans la rue et descendant les marches du métro en canard. Sans ticket de métro, et à défaut d’énergie nécessaire pour escalader les portiques de sortie, il nous fallait nous faufiler derrière des voyageurs en règle. La RATP devrait pourtant savoir qu’il n’est pas aisé de courir un marathon avec un ticket dans sa poche, et sans l’abîmer.

Pendant que Saïd servait son couscous, nous avons débarqué dans son restaurant. Puis, nous nous sommes changés et avons pris la direction de la gare Montparnasse.

Notre train partait à 15h, à l’heure où les derniers arrivants du marathon en finissaient avec les 42,195 km. De 6h30 à 15h, la course aura duré 8h30.

A 17h15, soit 5h30 après avoir franchi la ligne d’arrivée, nous étions de retour à Nantes.

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