La course à pied : un sport pas comme les autres

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La course à pied : un sport pas comme les autres

 

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Nous savons ce que c’est :

Devoir entendre dire :


– « C’est pas un peu frustrant, de jamais aller à fond ? »
– « Moi aussi je fais du footing le dimanche matin »
– « Mon père aussi aime bien courir »
– « … sur combien ? »
– « Alors, t’as gagné ? »

et bien sûr :
– « Courir ça sert à rien ! » La plupart du temps, cette remarque vient des non sportifs. Mais alors c’est impossible de rester calme quand on vous sort ça de plein fouet. J’en ai fait l’expérience…

=> Devoir assumer :
– d’avoir le gabarit d’Averell Dalton
– d’être musclé comme Ramzy AVANT la Tour Montparnasse infernale
– de devoir s’entraîner cent fois plus qu’un sprinteur pour un méme résultat
– et mille fois plus qu’un escrimeur

=> Traverser l’hiver en s’entrainant dehors, sous la pluie, la neige, la grêle, le vent, le froid glacial, dans le gel ou la boue, le tout au milieu d’une forêt ou d’un parc austère, sans vestiaire et sans douche, ou sur une piste gelée à faire des fractionnés pendant que les sprinteurs s’étirent au chaud

=> Vivre l’enfer à chaque séance, avoir le ventre qui hurle, cracher ses boyaux, suffoquer comme un malade, ne plus sentir ses jambes et courir encore pendant que les sprinteurs font des 30m en survêtement

=> Croiser le regard affolé des passants, en haut de la côte, qui nous regardent agoniser sur le bord du chemin à la fin de la séance, allongés par terre, la bouche ouverte, à côté d’un entraîneur qui rassure les gens en disant : « C’est normal, c’est normal… »

=> Rentrer à la maison un soir d’hiver, les jambes lourdes et pleines de boue, la tête en compote, les mains gelées, pour aller enfin manger une énorme assiette de pâtes ou de riz, et se réchauffer avant de pouvoir enfin recommencer à bouger ses doigts pour pouvoir se replonger dans son travail

Mais aussi :

=> Être les seuls à regarder le 10 000 (en entier) aux Jeux Olympiques, et en criant : « C’est mon record ! » quand Bekele passe au 1500

=> Être les seuls à crier : « La télé en France, c’est de la merde ! » parce que France télévision ne retransmet pas les championnats du monde de cross

=> Être pris pour un extraterrestre quand arrivent les 3 x 500 du bac de sport

=> Avoir peur de se blesser parce que, arrivé en retard, on n’a fait que trois tours de pelouse à l’échauffement

=> Avoir l’impression d’être les seuls sportifs ne fumant pas et ayant une alimentation saine et équilibrée

Nous qui savons ce que veut dire :
– fartlek
– VMA
– 30-30
– tenir la corde
– jouer des coudes
– « Le pied derrière la ligne ! »
– « Messieurs… un seul commandement ! »
– « Départ dans UNE minute ! »

et nous savons faire la différence entre le demi-fond et le fond.

Nous qui sommes fiers :
– de porter un short qui a la forme d’une couche-culotte trop large
– de courir torse-nu malgré le gabarit décrit ci-dessus
– de manger autant que trois sprinteurs réunis pour un poids moitié moindre
– de connaître la souffrance
– de pratiquer un sport où il n’y pas un gagnant et un perdant mais où tous pouvons en sortir vainqueur sur une même échéance

Bref, nous pratiquons le sport le plus noble tout simplement.

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